Gênes
ou le mépris de l'être humain
<luisgm@free.fr>
Date : Sat, 21 Jul 2001 11:55:17 +0200 De : Luis Gonzalez-Mestres
Objet : Gênes ou le mépris de l'être humain
Bonjour,
Les photos le montrent: un manifestant git par terre, la police armée
jusqu'aux dents passe sans s'arrêter pour retirer le blessé ou le corps,
sans lui accorder l'aide ou le respect le plus élémentaire. Mais, comme
le dirait la Chanson de Roland: "De ço qui calt ? " (Qui s'en soucie
?).
J'attends
encore à voir passer un article critiquant clairement, sur le plan des
valeurs déontologiques les plus évidentes, le comportement à ce sujet
de la police italienne... Ce n'est pas tout: la presse nous explique
qu'un char de la police passera sur ce corps que ses collègues n'ont
pas jugé utile de retirer de son passage, car il était "urgent" de casser
de l'anar...
Encore
une fois, cette scène dans un pays très proche de la France vaut plus
que tous les discours creux des hommes politiques français de la dernière
décennie.
Elle
nous montre qui sont les gens qui nous gouvernent, toutes étiquettes
politiques confondues. Lorsque la police peut passer tranquillement
à côté du corps d'un manifestant (qui avait constaté sa mort ?), qui
"dans la foulée" sera écrasé par un char sans que personne ne pense
à le mettre à l'abri... sous quel type de régime politique vivons-nous?
Que
vaut la personne dans un tel système? Si on peut en arriver là, qu'y
a-t-il de si étonnant à voir des millions de citoyens des pays industrialisés
jetés dans la précarité et la détresse par des politiques monétaristes
au service des multinationales?
Quel merveilleux scrupule moral empêcherait-il les "politiques" de "droite"
ou de "gauche" de s'attaquer implacablement à notre niveau de vie, aux
standards sociaux, aux libertés des citoyens et des travailleurs?
Quel brin d'humanité pourrait-il dissuader les patrons et DRH d'organiser
à grande échelle la violence professionnelle et le harcèlement des travailleurs,
s'ils les jugent rentables? Cessons d'etre dupes et de croire à "ce
qu'on nous dit", de voter toujours pour les mêmes et de pratiquer la
couche-culotterie intellectuelle...
Et,
au moins, cette scène répugnante et cette mort auront servi à quelque
chose.
Amitiés
Luis.